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y firent faillite dans un laps de temps de deux Gu trois semaines, et le même fait se produisit à proportions gardées à Boston, Philadelphie, New-Orleans et dans tou. tes les villes de la République Américaine. Les états de l'Arkansas, de l'Il linois, de la Pensylvanie cessérent de payer leurs dettes; celui de Mis sissipi fit mieux il repudia purement et simplement toutes celles qu'il avait contractées. Ce fut sans contredit la plus terrible calamité financière qu'aient jamais éprouvée les Etats Unis. La cause première de la troisième panique fut la faillite de le "Ohio Life & Trust Company de Cincinati", qui eut lieu le 24 août 1857. Le passif de cette société, qui jouissait d'un crédit illimité, fut de plus de 77,000,000 de dollars. Moins de deux mois après, vers le milieu d'octobre toutes les banques de New York à l'exception de la "Chemical" suspendirent leurs paiements. Cette dernière seule fit face à ses engagements, comme elle l'avait déjà fait, du reste, en 1837. Le 12 Décembre, les banques fu rent rouvertes mais les effets de cette crise monétaire se fit sentir jusqu'au commencement de la guerre de sécession. Une des plus audacieuses cons. pirations financières qui aient jamais éclos dans un cerveau humain fut sans contredit celle qui arriva à un cheveu de la réussite le vendredi 24 septembre 1869, connu depuis sous le nom du "Vendredi noir." Une clique de spéculateurs au nombre desquels se trouvaient James Fish qui, trois ans plus tard fut tué par E. O. Stokes et le non moins fameux Jay Gould entreprirent, vers le milieu de l'année, d'arriver à monopoliser l'or du monde américain. Les conspirateurs achetèrent au début l'or à 131; quelque temps après il était à 141 puis à 150. Le matin de ce vendredi péfaste entre tous, on apprit à la Bourse de New York que la clique avait accaparé l'or du marché pour une somme variant entre 120 et 150 millions de dollars. A l'ouverture de la Bourse, de 150, le cours monta à 155, à midi il était à 160, et quelques minutes plus tard à 162. Dans tous les Etats- la stupéfaction fut profonde indescriptible, le pays se trouvait pour ainsi dire à la mtrci de ces audacieux spéculateurs. Mais ceux-cl avaient compté sans le Trésor de la République Américaine, tenu fort heureusement, au courant des menées de Gould et consorts. Au cours de 162, le gouvernement fit acte de présence, vendit pour 1,000,000 de dollars. Ce fut comme une traînée de poudre, "Le trésor vend" cria t-on de toutes parts et quelques minutes plus tard de 162, le cours était redescendu à 135, puis à son taux normal. La conspiration avait échoué, mais le nom de Jay Gould était illustré?? à jamais. Enfin la dernière de ces crises financières, celle de 1873 fut causée par la construction excessive et anormale de nouvelles lignes de chemin de fer. Dans les trente mois précédents, on avait établi plus de vingt mille milles de voles ferrées, coutant plus de mille millions de dollars. Or, ce ne fut que dix ans plus tard que le besoin de ces nouvelles communications se manifesta d'une manière tangible. On comprit cette imprudence et un sentiment de malaise général se fit sentir dans les cercles financiers dès la fin de l'été 1873. Le 8 Septembre la "New-York Security" sombrait, anéantie par le Missouri, Kansas & Texas R. R.; le 13, la banque Daniel Drew, subissait le même sort dû au "Canada Southern R. R.;" le 17, celle de Jay Cooke disparaissait, ensevelie par le "Northern Pacific R. R." et comme en 1837 la plupart des ban ques fermèrent leurs portes, et la plupart des manufactures cessèrent de fonctionner. Tel est grossomodo le résumé des crises financières qui sévirent depuis 70 ans aux Etats-Unis.